Comment les innovations technologiques contribuent à bâtir des collectivités résilientes 

Par David Paschane

 

Il est important d’anticiper les menaces telles que les ouragans ou les pandémies et de planifier en conséquence. Voici trois percées technologiques qui permettent d’accroître la résilience des collectivités en prévision de tels événements.

 

La résilience est une aptitude essentielle à la vie humaine. Individuellement, notre résilience (physique, émotionnelle et spirituelle) se révèle lorsque nous sommes confrontés à diverses difficultés et menaces, même lorsqu’elles nous semblent accablantes ou hors de notre contrôle. Bien que la résilience soit innée, elle ne se développe pas d’elle-même. Notre niveau de résilience dépend de nos expériences, de nos connaissances et de la volonté des autres d’établir une résilience mutuelle.

Alors que nous approfondissons notre compréhension des différentes menaces qui touchent nos collectivités, nous sommes aussi plus conscients des risques et nous nous y préparons de mieux en mieux. Voilà comment se bâtit une résilience fondée sur l’anticipation. Nous le constatons en ce moment même, avec la pandémie de COVID-19. Des décisions sont prises en prévision de ce qui pourrait arriver.

 

Anticiper les dangers qui risquent d’affecter une collectivité — comme la pandémie actuelle liée au coronavirus — et agir en conséquence est un bon exemple de résilience fondée sur l’anticipation.

 

À plus grande échelle, les dangers qui planent sur l’ensemble d’une collectivité sont complexes et difficiles à prévoir. Ils peuvent se traduire par une récession, un acte criminel, une épidémie ou une catastrophe naturelle. La résilience fondée sur l’anticipation est une approche de premier choix pour toute collectivité qui souhaite se préparer à faire face aux événements futurs.

Si nous pouvons anticiper la complexité des dangers, nous pouvons mettre en place un plan d’action efficace et une résilience durable.

En tant que firme d’ingénierie et de conception, Stantec se spécialise dans les stratégies de résilience. Nous travaillons avec nos clients pour évaluer les risques et mettre la résistance et la durabilité à l’avant-plan. Nous soutenons les collectivités partout dans le monde grâce à la réalisation de projets tels que des voies navigables, des autoroutes et des hôpitaux. Et dans le cadre de notre travail, nous tenons toujours compte des diverses menaces qui risquent d’affecter ces projets et collectivités.

Par exemple, après avoir mené des études dans des collectivités touchées par des ouragans, notre groupe d’experts en performance des bâtiments a émis des recommandations pour la conception de maisons et d’abris résistants aux ouragans. Ce groupe a également aidé la U.S. Federal Emergency Management Agency à étudier les cas de villes touchées par diverses catastrophes au cours de l’histoire, par exemple des vents violents, des incendies, des inondations, des ouragans, des tornades et des séismes, ainsi que les mesures prises en matière de résilience et leurs incidences sur le niveau de risque de ces villes face aux futures catastrophes.

Toutes les collectivités devraient adopter une approche de résilience fondée sur l’anticipation des événements, qui orientera la prise de mesures de protection de grande importance. Lorsque les leaders mettent la résilience au premier plan, ils démontrent leur volonté de préserver la valeur des maisons, des refuges, des hôpitaux et des entreprises. Mais plus important encore, ils protègent la capacité des collectivités à prospérer.

Dans le contexte de l’augmentation des risques liés aux changements climatiques et aux conditions météorologiques extrêmes (en anglais), nous travaillons avec nos clients pour mieux comprendre les dangers, savoir comment bien s’y préparer et trouver les solutions optimales pour atténuer ces risques. Avec l’aide de nos partenaires en innovation, nous utilisons les technologies émergentes pour nous aider à mieux anticiper les événements et à mieux cerner les différentes voies de la résilience.

 

Les dangers qui planent sur l’ensemble d’une collectivité sont complexes et difficiles à prévoir. Ils peuvent se traduire par une récession, un acte criminel, une épidémie ou une catastrophe naturelle.

 

Cibler les facteurs à haut risque

Traditionnellement, les études sur les risques pour l’environnement bâti étaient axées sur la durabilité et la fonctionnalité des structures, et peu d’attention était portée aux risques des événements en soi. À la suite des constatations faites par notre équipe lors de nos recherches sur les catastrophes, nous ciblons maintenant ce qui constitue peut-être le plus grand facteur de risque : la contamination matérielle invisible.

L’un des aspects les plus dangereux des catastrophes naturelles est la contamination des lieux destinés à la préparation de la nourriture, aux soins et à l’hébergement. Dans le chaos qui suit des événements soudains, la présence non détectée de moisissures, de bactéries, de matières fécales et de salive contaminées (comme dans le cas du coronavirus) menace la santé des populations. Ces contaminants peuvent causer des maladies et de la mortalité, une situation qui a été mentionnée lors de plusieurs catastrophes naturelles, dont des précipitations extrêmes et des inondations.

En réaction à ce risque, nous avons étudié la possibilité d’utiliser un instrument manuel visant à identifier les contaminants dangereux pour la santé se retrouvant sur ou dans les matériaux – le CSI de SafetySpect. Cet appareil permet de détecter rapidement les contaminants qui pourraient constituer une menace à la santé et à la survie.

Il aidera les équipes à déterminer l’efficacité de différentes solutions à réduire la présence de contaminants, sera utile à nos clients pour maintenir les lieux salubres, et sera un outil précieux pour détecter les contaminants et diminuer les risques de contamination lors de catastrophes.

Par conséquent, par l’utilisation de cet outil, nous sommes en mesure de soutenir des études de risques plus étoffées et exploitables, portant notamment sur l’environnement, la conception des bâtiments et les polluants.

 

Après avoir mené des études dans des collectivités touchées par des ouragans, le groupe d’experts en performance des bâtiments de Stantec a émis des recommandations pour la conception de maisons et d’abris résistants aux ouragans. 

 

Tirer profit de la technologie pour améliorer la gestion et l’analyse des données

Lorsqu’une agence gouvernementale ou un organisme d’envergure est chargé d’accroître la résilience en prévision de catastrophes, la préparation et la réponse aux menaces sont compliquées par le très grand nombre d’événements spécifiques potentiels. Les mesures visant à atténuer les risques sont multiples et il est difficile d’en faire le suivi en temps réel – à plus forte raison l’analyse, la priorisation et la gestion. 

Pensez aux maisons du personnel militaire, aux logements subventionnés qui accueillent des familles et aux résidences de patients qui dépendent des soins à domicile. Quand ces habitations sont situées dans des lieux qui nécessitent des analyses de risques et des mesures de résilience, il peut sembler impensable de parvenir à identifier tous les cas et les risques, qui sont nombreux et diversifiés.

Notre équipe collabore avec une entreprise en innovation afin de mettre à l’essai un outil basé sur l’analytique des données dans le but de coordonner, d’informer et d’assister les organismes chargés de la gestion du contrôle des risques et de la résilience.

Les outils les plus efficaces sont des plateformes hébergées sur des serveurs distants qui fournissent une intégration des données en temps réel à partir de multiples sources, pour des tâches pouvant être automatiquement réalisées au moyen de signaux, de documents et de renseignements liés aux risques.

_q_Si nous pouvons anticiper la complexité des dangers, nous pouvons mettre en place un plan d’action efficace et une résilience durable. 

L’utilisation de services d’analytique des données est essentielle lorsque la portée des travaux est substantielle. Notamment dans les cas impliquant la maintenance et la sécurité de vastes parcs immobiliers, de bâtiments disparates requérant des inspections ou d’installation nécessitant une surveillance durant et après des catastrophes. Cet outil nous permet également de voir que les « cas » sont plus que de simples bâtiments, puisque dans nos efforts d’accroître la résilience, il faut aussi tenir compte d’autres informations et difficultés (par exemple, types d’incidents, emplacement des ressources, qualification du personnel, etc.).

Les outils d’analytique des données ne servent pas qu’à coordonner la priorité des décisions et des actions; ils tirent profit des analyses multifactorielles pour révéler les méthodes optimales d’atténuation des risques. Selon nous, ils sont essentiels pour accroître la résilience fondée sur l’anticipation.

 

Assurer une communication constante et de grande valeur

Finalement, nous mettons à l’essai un autre outil qui pourrait aider les dirigeants des collectivités à trouver de l’information précise rapidement. Les outils les plus prometteurs sont le traitement du langage naturel (TLN) et l’apprentissage automatique (AA) pour analyser les documents et organiser l’information visant les besoins spécifiques de l’utilisateur.

Dans le cadre de leurs efforts pour accroître la résilience des collectivités, les dirigeants ont besoin d’informations techniques précises. Ils ont besoin de données fiables, actuelles et pertinentes concernant la région, le terrain, la conception des bâtiments, la démographie, les capacités, etc. De telles informations sont difficiles à trouver et à utiliser rapidement lors de situations critiques.

Notre équipe travaille avec des partenaires axés sur les outils de TLN et d’AA afin d’examiner comment ils s’harmonisent avec les besoins en informations techniques selon les différentes applications possibles. Un bon exemple est l’outil de TLN et d’AA Find-it-First (en anglais) utilisé par le département de l’énergie des États-Unis pour organiser les énormes quantités de recherches d’informations des utilisateurs et y répondre.

 

L’un des aspects les plus dangereux des catastrophes naturelles est la contamination des lieux destinés à la préparation de la nourriture, aux soins et à l’hébergement. Dans le passé, des pluies diluviennes et des inondations ont démontré que la moisissure non détectée et d’autres contaminants posent un grand risque.

 

Nous sommes d’avis que si nos plus grands clients gouvernementaux adoptaient des outils de TLN et d’AA ouverts aux domaines de spécialité — comme les catastrophes naturelles — ces informations prendraient de la valeur. L’outil permettrait un apport important d’informations sous plusieurs formes, l’accès immédiat aux informations et des informations répondant précisément aux besoins des utilisateurs.

 

Des collectivités se définissent par leur capacité de résilience

Alors que nous anticipons les événements et cherchons à accroître la résilience, nous sommes conscients qu’une telle résilience existe à petite et grande échelle, soit à différents niveaux au sein de nos collectivités.

Pensez aux moyens employés par les leaders pour attirer de nouvelles entreprises dans leurs collectivités. Ils s’évertuent à démontrer que leur ville, leur région ou leur pays peut répondre aux besoins des entreprises et de leurs employés. Un de leur principal argument est que leur communauté offre une qualité de vie durable et une résilience face aux menaces qui pèsent sur elle. À une époque où nous préparons à affronter des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents (en anglais), il n’est pas difficile d’imaginer que la réputation d’une collectivité sera de plus en plus liée à sa capacité à faire preuve de résilience fondée sur l’anticipation.

Quelle que soit la taille de ces collectivités, que ce soit une ville ou une entreprise internationale, les responsables doivent mettre en place des méthodes pour anticiper leurs besoins à long terme. Face aux risques et à la résilience, ils se sentent parfois dépassés par la complexité des multiples facteurs humains, structurels et environnementaux. Cependant, il est possible d’entreprendre une démarche d’augmentation de la résilience en se posant tout d’abord les questions suivantes :

  1. À chaque échelle de l’analyse, de l’environnement global aux matériaux spécifiques, quels changements pouvons-nous anticiper et utiliser pour réduire les risques?
  2. Parmi toutes les conséquences que peuvent engendrer les risques, comment utilisons-nous les données pour guider nos actions immédiates et nos priorités futures? 
  3. En observant les risques et les mesures d’atténuation des autres collectivités, que pouvons-nous conclure de leurs expériences qui peut servir dans nos plans spécifiques?

En tant que fondement de la planification de l’avenir des collectivités, en évaluant les éléments inconnus et difficiles à prévoir, la résilience fondée sur l’anticipation nous offre un objectif immédiat et durable pour planifier des actions concrètes et basées sur des informations de qualité. La recherche prudente de la résilience est essentielle et requiert notre coopération. Comme nous nous plaisons à le dire chez Stantec, il faut « agir dans l’intérêt collectif ».

 

À propos de l’auteur :

  • David Paschane, Ph. D, possède plus de 26 ans d’expérience en recherche sur la santé publique et il est basé à notre bureau de Laurel, au Maryland. Il est également conseiller en politiques et géographe de la santé pour notre équipe des services environnementaux.
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